Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute

Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute

création 2018

Présentation du projet

Onze personnes nées assignées femmes, pratiquant le football dans l’équipe des Dégommeuses* ou ayant une pratique scénique du corps dans l’effort, se rencontrent sur un terrain commun, celui de la performance, sportive et artistique. Dans le temps du match et avec ses codes, elles se mettent en jeu dans une histoire généralement présentée comme appartenant aux hommes. Elles se réapproprient ce sport plusieurs fois confisqué aux femmes, et racontent une histoire politique des corps, des identités féminines et du football.

* Les Dégommeuses sont une équipe de foot mais aussi un groupe militant ayant vocation de lutter – dans le sport et par le sport – contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations. http://www.lesdegommeuses.org/

Au départ, un constat …

S’apercevoir qu’à l’aube de l’Euro 2016, les manifestations pleuvent autour du football, mais qu’elles ne reflèteront souvent qu’une pratique masculine. Rien de surprenant, l’Euro célèbre un football joué par les hommes, le monde du football est un microcosme, et le sexisme perdure à cet endroit-là comme dans le reste de la société.

et donc un défi …

Être présentes et représentées avec ces corps et identités plurielles de femmes, dans ce sport, sur ce terrain-là, autrement qu’en compagnes de footballeurs, qu’en filles payées pour satisfaire les joueurs victorieux, ou qu’en minorité dont on parle trop peu pour les compétences sportives.

Le mot de la metteuse en scène / autrice / dirigeante de la FIFOUNE.

« Je suis allée à la rencontre de l’équipe des Dégommeuses, j’ai commencé le foot, j’ai aimé ça, ce que ça signifiait de jouer au foot quand on est une femme, avec un corps spontanément non-sportif. J’ai constaté les rires, l’étonnement quand j’ai raconté à mes proches, le côté presque militant à faire ce sport. Puis, le stade pour la première fois et voir les gradins à moitié vides ou à moitié remplis au choix . C’était ce même football pourtant, mais parce que le match était avec des équipes féminines, Charlety était littéralement déserté. Galvanisée quand même, j’ai secoué dans le froid mon petit drapeau PSG (même si je soutenais l’Olympique Lyonnais). J’ai vu la faille béante qui sépare ces deux pratiques du foot. Ce sport qui a été interdit aux femmes pour leur hygiène… J’ai créé ce groupe constitué de performeuses qui mettent leurs corps en jeu, et de «footeuses» qui avaient envie de plateau, envie de cet autre terrain de jeu pour s’exprimer. J’ai formé cette équipe de onze, aux origines, corps, motivations, capacités différentes et maintenant, il s’agit de travailler une forme performative à la fois sensible, artistique et sportive. Parce que c’est L’Euro en France et les Jeux Olympiques à Rio, et la Coupe du monde de football masculin en 2018 en Russie, et la coupe du monde de football féminin en 2019 en France et sans fin le sport rassemble autant qu’il exclue. » Rébecca Chaillon