Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute

ÉQUIPE DE LA FIFOUNE
Texte et mise en scène Rébecca Chaillon
Collaboration artistique Céline Champinot
Assistanat à la mise en scène Élisa Monteil
Équipe Rébecca Chaillon / Élisa Monteil / Adrienne Alcover / Adam.M / Marie Fortuit / Patricia Morejon / Juliette Agwali / Audrey le Bihan / Yearime Castel y Barragan / Mélanie Martinez Llense /
Compositon musique et interprétation live Suzanne Péchenart
Chanson/hymen de la Fifoune Anouck Hilbey
Création et régie lumières Suzanne Péchenart
Régie générale, son et vidéo Marinette Buchy

Production déléguée CDN de Normandie-Rouen
Co-production cie Dans Le Ventre, Mains d’Oeuvres, le Carreau du Temple, le Phénix- Scène Nationale Valenciennes, CDN de Normandie-Rouen, La Ferme du Buisson scène nationale de Marne la Vallée, et le 232U- Théâtre de Chambre.
Diffusion :

17 novembre 2018 à la Ferme du Buisson, Scène Nationale de Marne la Vallée
20, 21 et 22 2018 novembre au CDN de Rouen
29 et 30 novembre 2018 au Carreau du Temple, Paris
29, 30 et 31 mai 2019 au festival Théâtre en mai, Dijon
3, 4, 5 et 6 juin 2019 au CDN de Montreuil
13 juin 2019 à la Scène Nationale d’Orléans

Dossier pédagogique pièce démontée Canopée :
http://crdp.ac-paris.fr/piece-demontee/piece/index.php?id=ou-la-chevre

Présentation du projet

Dix personnes nées assignées femmes, pratiquant le football dans l’équipe des Dégommeuses* ou ayant une pratique scénique du corps dans l’effort, se rencontrent sur un terrain commun, celui de la performance, sportive et artistique. Dans le temps du match et avec ses codes, elles se mettent en jeu dans une histoire généralement présentée comme appartenant aux hommes. Elles se réapproprient ce sport plusieurs fois confisqué aux femmes, et racontent une histoire politique des corps, des identités féminines et du football.

* Les Dégommeuses sont une équipe de foot mais aussi un groupe militant ayant vocation de lutter – dans le sport et par le sport – contre le sexisme, les LGBT-phobies et toutes les discriminations. http://www.lesdegommeuses.org/

Au départ, un constat …

S’apercevoir qu’à l’aube de l’Euro 2016, les manifestations pleuvent autour du football, mais qu’elles ne reflèteront souvent qu’une pratique masculine. Rien de surprenant, l’Euro célèbre un football joué par les hommes, le monde du football est un microcosme, et le sexisme perdure à cet endroit-là comme dans le reste de la société.

et donc un défi …

Être présentes et représentées avec ces corps et identités plurielles de femmes, dans ce sport, sur ce terrain-là, autrement qu’en compagnes de footballeurs, qu’en filles payées pour satisfaire les joueurs victorieux, ou qu’en minorité dont on parle trop peu pour les compétences sportives.

Le mot de la metteuse en scène / autrice / dirigeante de la FIFOUNE.

« Je suis allée à la rencontre de l’équipe des Dégommeuses, j’ai commencé le foot, j’ai aimé ça, ce que ça signifiait de jouer au foot quand on est une femme, avec un corps spontanément non-sportif. J’ai constaté les rires, l’étonnement quand j’ai raconté à mes proches, le côté presque militant à faire ce sport. Puis, le stade pour la première fois et voir les gradins à moitié vides ou à moitié remplis au choix . C’était ce même football pourtant, mais parce que le match était avec des équipes féminines, Charlety était littéralement déserté. Galvanisée quand même, j’ai secoué dans le froid mon petit drapeau PSG (même si je soutenais l’Olympique Lyonnais). J’ai vu la faille béante qui sépare ces deux pratiques du foot. Ce sport qui a été interdit aux femmes pour leur hygiène… J’ai créé ce groupe constitué de performeuses qui mettent leurs corps en jeu, et de «footeuses» qui avaient envie de plateau, envie de cet autre terrain de jeu pour s’exprimer. J’ai formé cette équipe de onze, aux origines, corps, motivations, capacités différentes et maintenant, il s’agit de travailler une forme performative à la fois sensible, artistique et sportive. Parce que c’est L’Euro en France et les Jeux Olympiques à Rio, et la Coupe du monde de football masculin en 2018 en Russie, et la coupe du monde de football féminin en 2019 en France et sans fin le sport rassemble autant qu’il exclue. » Rébecca Chaillon

Entretien autour du spectacle :
https://vimeo.com/212912488

 

 

À écouter autour du spectacle :

CAFÉ BABEL
RADIO NÉO

PRESSE sur le spectacle :

 

https://blogs.mediapart.fr/guillaume-lasserre/blog/021218/les-corps-politiques-de-rebecca-chaillon

 

 

 

 

https://www.lesinrocks.com/2018/11/28/scenes/scenes/ou-la-chevre-est-attachee-il-faut-quelle-broute-la-nouvelle-creation-de-rebecca-chaillon-est-une-serie-de-tirs-au-dans-les-fenetres-bien-encadrees-du-foot/

 

 

Les bons festivals ont toujours des moments de surprise, voire de scandale. Théâtre en mai, que dirige à Dijon Benoît Lambert, s’est payé d’audace avec Où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute de Rebecca Chaillon. Toute une équipe de foot féminin y est mise à nu ! Au-delà du spectacle des corps déshabillés et rhabillés, c’est une mise en cause de la pratique machiste du football, de l’esprit nationaliste du sport et un appel à l’amour considéré comme un partage sans frontières. Une sorte de faux match est joué sur une scène couverte de terre devant un vrai match diffusé sur un écran. L’auteure, Rebecca Chaillon, joue d’abord la spectatrice avachie dans les gradins et se gorgeant de chips, jusqu’à ce qu’elle devienne le centre de cette équipe de femmes passant du sport à l’étreinte. Ce n’est pas de la subversion superficielle que ce spectacle favorable aux minorités LGBT. C’est joyeusement explosif !